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12 ans de résidence et notre action sur le territoire se consolide et implique de se mobiliser différemment.
No way, Veronica, qui vous a été présenté la saison dernière, sera en tournée dans les Théâtres de France. Un roi sans divertissement de Jean Giono, créé à la Médiathèque François Mitterrand en 2004, se promènera d’appartement en appartement.
La réécriture de nos classiques pour parler d’aujourd’hui, sera l’axe fort de la saison. Transposer une histoire d’une époque à une autre, un point de vue à un autre, montrer le caractère intemporel d’un propos et d’une situation, raconter le passé pour mieux comprendre le présent.
Dans la lignée d’un travail entre une écriture dramatique et une écriture sonore, nous présenterons au TAP Le Sang des amis, fresque romaine à la manière d’un opéra électroacoustique. Cette tragédie est un véritable remake, où il s’agit de montrer la fabrique de l’Histoire et du politique, se faire l’écho de l’actualité.
Suivra Projet Théramène, adaptation électroacoustique de Phèdre de Racine pour un seul personnage, Théramène, joué par François Clavier.
Nos actions de médiation resteront au centre de notre travail, désireux d’expérimenter d’autres publics et d’autres formes, et de fonder avec plusieurs un creuset d’idées autour du théâtre d’intervention en direction des adolescents. L’expérience En difficulté de Rémi de Vos, engagée dans les lycées de la région avec des jeunes du CRRP - Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers - a réussi à interroger ses spectateurs. Nous souhaitons aujourd’hui, développer le projet avec une équipe, pour un public, différents.
La Spirale, septembre 2008
Edito fondateur
10 ANS* Est-il important de durer ?
Le constat est paradoxal : la politique évènementielle dans la culture a redonné sa popularité à l’artiste, mais en basculant son objet en produit d’appel, de communication. Il en reste aujourd’hui la lumière et l’image mais qui cela concerne t’il ?
La multiplication de l’offre va avec son appauvrissement, la médiocrité consistant à surtout ne faire que rire ou pleurer dernières valeurs de la réception.
Bien arrogant que l’artiste exigeant ! Celui qui invite encore autant à la rêverie qu’à la réflexion.
Un artiste n’existe pas dans l’évènement, mais dans la durée, dans le recul du regard et l’anticipation de la mémoire. Il se construit dans le rapport au public et, à fortiori, au territoire géographique, quand il s’agit de théâtre.
Être en résidence implique alors une responsabilité, celle de la continuité de la rencontre : ne jamais laisser le public livré à lui-même.
Le temps est donc la nécessité. Pour se construire soi, en tant qu’artiste, à travers son projet. Pour développer sa mission de service public particulière, à savoir fonder une communauté du sensible, préalable à toute communauté politique. Pour que le geste ou la parole s’inscrive toujours dans un rapport au monde.
L’échange au quotidien avec l’autre, partenaire artistique ou spectateur, dans ce temps public, est le double miroir qui permet à chacun d’avancer sur le même terrain : celui du vivant et de l’imaginaire.
Aujourd’hui, dans notre compagnie, c'est cette démarche qui nous engage.
Anne Gérard, septembre 2005
*Jean Boillot a fondé Le Théâtre à Spirale en 1995
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